Parcours des Mondes 2026 : à Paris, l’Afrique se regarde à hauteur de ses artistes
À Paris, Parcours des Mondes réunit une cinquantaine de galeries jusqu’au 13 septembre 2026. Découvrez trois expositions consacrées aux maîtres sculpteurs africains, à l’École de Dakar et à Dominique Zinkpè.
Jusqu’au 13 septembre 2026, la 25e édition de Parcours des Mondes réunit une cinquantaine de galeries à Saint-Germain-des-Prés. Sculptures anciennes, modernités sénégalaises et création béninoise contemporaine composent un itinéraire où les arts d’Afrique se découvrent dans toute leur diversité. Une invitation à pousser les portes, à rencontrer les œuvres et à s’intéresser aux artistes qui leur ont donné naissance.
Parcours des Mondes 2026 : les arts d’Afrique à Paris

Derrière une sculpture, il y a une main. Derrière un style, des choix, une invention, une manière de penser la forme. C’est avec cette idée que l’on peut entrer dans Parcours des Mondes, dont la 25e édition se tient du 8 au 13 septembre 2026 dans le quartier des Beaux-Arts, à Saint-Germain-des-Prés. Parmi les propositions de cette année, plusieurs expositions invitent à regarder les arts africains au plus près de leurs créateurs : leurs singularités, leurs héritages et leur liberté.
Le salon rassemble les arts d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et des Amériques, ainsi que l’archéologie. Son format fait une partie de son attrait : une cinquantaine de galeries résidentes et internationales composent un parcours à travers le quartier. On construit sa visite au fil des rues, d’une exposition à l’autre, avec la possibilité de s’arrêter devant une œuvre et d’interroger celles et ceux qui la présentent. L’entrée dans les galeries participantes est libre.
Retrouver les artistes derrière les sculptures

Bois, aiguillon de raie pastenague, coquillage et résine de noix de Parinarium
H. 40,5 cm
Au 9 quai Voltaire, la galerie Gradiva accueille l’un des rendez-vous les plus stimulants de cette édition : Mains de Maîtres, des attributions de grands sculpteurs d’Afrique subsaharienne, sous le commissariat de Bernard de Grunne. Le projet pose une question essentielle : comment reconnaître la personnalité d’un sculpteur dans des œuvres souvent présentées à travers leur seule appartenance culturelle ou géographique ?
L’exposition rapproche notamment des masques gouro attribués au Maître de Bouaflé, des figures baoulé du Maître d’Essankro, des sculptures mumuye du Maître de Tara et des maternités kongo-yombe du Maître de Kasadi. Ces désignations permettent d’aborder les œuvres à travers des styles et des attributions. Elles donnent une place à la recherche sur les ateliers, les filiations et les gestes individuels, sans prétendre que toutes les identités seraient définitivement établies.
Pour le visiteur, cette approche transforme la rencontre. Une proportion, le traitement d’un visage ou l’équilibre d’une silhouette deviennent autant d’indices à observer. La sculpture ouvre alors sur une histoire de la création, avec ses personnalités et ses inventions. C’est une excellente raison de prendre son temps à cette étape du parcours : apprendre à distinguer une main, c’est déjà enrichir son regard.
Rue de Seine, les modernités sénégalaises prennent place

Fin XIXe – Début XXe siècle
Tapa, bois, fibres et pigments
H. 53 cm
Au 41 rue de Seine, Charles-Wesley Hourdé présente Modernités Sénégalaises, une exposition consacrée aux artistes de l’École de Dakar. Plus de quinze artistes y sont réunis, parmi lesquels Souleymane Keïta, Bocar Pathé Diong, Amadou Seck et Amadou Sow. Œuvres sur toile, sur papier et tapisseries offrent plusieurs entrées dans cette histoire artistique.
L’exposition revient sur une dynamique née dans le contexte de l’indépendance du Sénégal et portée par l’ambition culturelle de Léopold Sédar Senghor. Les héritages africains, la spiritualité, le symbolisme et l’esthétique de la Négritude nourrissent les recherches présentées. À travers ces œuvres se pose une question passionnante : comment construire une expression moderne à partir de ses propres références culturelles ?
Cette étape donne une profondeur particulière à la visite. Elle permet de rencontrer des artistes et des langages plastiques, tout en abordant un moment où la création participe à la définition d’un horizon national. Pour qui souhaite découvrir ou approfondir l’histoire de l’art moderne sénégalais, le rendez-vous mérite de figurer en bonne place dans l’itinéraire.
Dominique Zinkpè, les mémoires du Bénin au présent

République Démocratique du Congo
XIXème siècle
Bois
H. 50 cm
Quelques numéros plus loin, au 35 rue de Seine, la galerie Vallois 35 présente Les Gardiens du Monde de Dominique Zinkpè. L’artiste béninois y développe une nouvelle série de sculptures et de reliefs muraux nourrie par les mémoires spirituelles et culturelles du Bénin.
Ses assemblages mobilisent des ibéjis, figures jumelles sacrées de la tradition yoruba. Réunies, accumulées et intégrées à de nouvelles compositions, ces figures deviennent les éléments d’un langage sculptural personnel. La répétition construit des volumes, organise des présences et fait circuler la mémoire dans la matière.
Après les œuvres de l’École de Dakar et les attributions de maîtres sculpteurs, cette proposition permet de poursuivre une même interrogation : que fait un artiste de ce qu’il reçoit ? Chez Zinkpè, l’héritage devient un matériau de création. Le parcours prend ainsi tout son intérêt, en permettant d’approcher des démarches différentes sans effacer ce qui fait la singularité de chacune.
Un quartier à parcourir, un regard à ouvrir

Fin XIXe – Début XXe siècle
Bois, métal
H. 35 cm
La découverte se poursuit jusque dans les rues. Pour cette édition anniversaire, Damien Poulain a conçu Les Oiseaux de parade, un projet de bannières de coton colorées destiné à investir Saint-Germain-des-Prés. L’oiseau en constitue le fil conducteur, à travers un répertoire nourri de mythes, de rites et de formes issus de plusieurs régions du monde.
À la galerie Gradiva, Continuum, de l’artiste belge Barbara De Pauw, propose une autre rencontre : ses créations autour de la lumière et des phénomènes célestes sont présentées en dialogue avec les sculptures africaines anciennes. Le visiteur peut prolonger ces rapprochements à sa manière, puis poursuivre vers les autres continents représentés par le salon.
Pour une première visite, les trois étapes africaines offrent un point de départ concret : Modernités Sénégalaises au 41 rue de Seine, Les Gardiens du Monde au 35 de la même rue, puis Mains de Maîtres au 9 quai Voltaire. Elles permettent de passer de la peinture à la sculpture, de l’histoire des modernités à la création contemporaine, avec une attention constante portée aux artistes.
Jusqu’au dimanche 13 septembre, Parcours des Mondes invite à consacrer quelques heures à ces rencontres. Consultez le plan et les galeries participantes sur le site officiel de l’événement, composez votre itinéraire et poussez les portes : l’entrée est libre.
Informations pratiques

- Événement : Parcours des Mondes, 25e édition.
- Dates : du 8 au 13 septembre 2026.
- Lieu : quartier des Beaux-Arts, Saint-Germain-des-Prés, Paris ; également galerie Gradiva, 9 quai Voltaire.
- Accès : entrée libre dans les galeries participantes.
- Programme et plan : Parcours des Mondes.
Notes et références
- Parcours des Mondes, Dossier de presse, 25e édition, 2026 : présentation générale, p. 6-7 ; Les Oiseaux de parade, p. 8-9 ; Modernités Sénégalaises, p. 16 ; Les Gardiens du Monde, p. 21 ; Mains de Maîtres, p. 34 ; Continuum, p. 35.
- Fleur Baudon, « Le jubilé d’argent du Parcours des Mondes », Arts in the City, 31 juillet 2026 : confirmation des dates, du quartier et de l’entrée libre.
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