Houegbadja, fondateur du royaume de Dahomey
Houegbadja est considéré comme le premier roi de Dahomey, un état précolonial situé dans le sud de l’actuelle République du Bénin. La grande majorité des institutions de ce royaume lui sont attribuées et « tout roi du Dahomey est successeur et représentant de Houégbadja comme tout Pape est successeur et représentant de Saint Pierre. »
Par Sandro CAPO CHICHI
Houegbadja est né Dokpo, probablement vers la fin du 16ème siècle. Il serait le fils de Dakodonu, un chef de la région de l’actuelle Abomey. Cette filiation serait soit biologique ou adoptive. Certaines traditions rapportent en effet que Dokpo aurait été un étranger originaire de la région d’Allada. Il aurait été adopté par Dakodonu, un roi autochtone d’ethnie Gede, peut-être d’origine yoruba. Nommé prince héritier, il se serait disputé avec son père et aurait été chassé de son domaine. Les raisons de ce différend varient selon les traditions. Selon certains cas, Dokpo aurait trompé son père adoptif avec sa femme Adonon, d’origine gede. De cette union seraient nés le futur roi Akaba et sa soeur jumelle Hangbe. Toujours est-il que le conflit entre père et fils aurait conduit Dokpo à demander l’asile chez un chef ennemi de Dakodonu appelé Adenyin. Dakodonu maudit son fils mais celui-ci se rachète à ses yeux en tuant Adenyin. Dakodonu meurt peu après et Dokpo devient roi sous le nom d’Aho et le nom fort de Houegbadja signifiant »Est-ce poisson de Dakodonou qui a refusé d’entre dans la nasse que vous allez prendre avec vous »? en référence à la mise en garde des conseillers d’Adenyin sur sa décision d’adopter Dokpo. En remerciement envers Kolli, il construisit son palais à côté du sien. Par vengeance envers les Awesu, il les attaqua et leur vola leur héraut, le kpanligan, qui depuis lors chante les exploits des rois du Dahomey.
Règne
« Tout successeur qui accède à ce trône devra résider ici, dans mon palais ; il restera le successeur de Houegbadja et sera appelé Houegbadja, quitte à prendre un autre nom. Quand on verra un roi sur ce trône, c’est moi qu’on verra. » Il meurt vers 1680-1685.
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